Les Tabatières en Or, d’un objet du quotidien au XVIIIe et à un objet de collection au XIXe Siècles

vendredi 09 janvier 2026

Les tabatières en or des XVIIIe et XIXe siècles incarnent un art raffiné, mêlant savoir-faire artisanal, symbolisme social et esthétique. Objets de luxe réservés à l’élite, elles reflètent les mœurs d’une époque où le tabac à priser (poudre de tabac sèche et souvent aromatisée) était un accessoire de distinction. Dans cet article, nous explorons leur histoire, leurs caractéristiques, leur valeur et leur place dans le marché de l’art aujourd’hui.


I. L'Age d'Or des Tabatières : Contexte historique

 

Le XVIIIe Siècle : L’Apogée du Tabac à Priser
 
Au XVIIIe siècle, le tabac à priser, introduit en Europe au XVIe siècle, devient un symbole de statut social. Les cours royales, la noblesse et la bourgeoisie aisée en font un usage quotidien, transformant la tabatière en un accessoire indispensable. Les tabatières en or sont alors fabriquées par les meilleurs orfèvres, souvent commandées par des monarques comme Louis XV ou Louis XVI, ou offertes en cadeaux diplomatiques. Paris, mais aussi des villes comme Genève, Londres ou Saint-Pétersbourg, deviennent des centres de production réputés.
 
Le XIXe Siècle : Déclin et Transformation
 
Avec les guerres napoléoniennes et les changements sociaux, l’usage du tabac à priser décline progressivement. Cependant, les tabatières restent des objets de collection prisés, notamment sous le Second Empire, où Napoléon III relance brièvement cette mode. Les styles évoluent : si le XVIIIe siècle privilégie le rococo (motifs asymétriques, coquilles, feuilles d’acanthe) avec des maîtres Orfèvres tel que Jean Ducrollay, le XIXe siècle voit l’émergence du néoclassicisme (lignes épurées, motifs antiques) avec le célèbre maître Orfèvre Odiot et, plus tard, de l’éclectisme (mélange de styles) avec Fabergé.
 

II. Les Caractéristiques des Tabatières en Or : 

 

Matériaux et Techniques

Les tabatières en or sont généralement réalisées en :
 
  • Or émaillé, comme cette tabatière Suisse décorée de scènes peintes à l’émail, par Guidon, Rémond et Gide datant de la fin du XVIIIe siècle
tabatière suisse en or émaillé




Les techniques utilisées incluent :
  • La ciselure : sculpture du métal
  • Le repoussé : relief obtenu par martelage
  • La gravure : motifs incisés
  • L’émaillage : peinture sur émail

 

Formes et Décors

Les tabatières adoptent des formes variées :
 
  • Les tabatières rectangulaires sont les plus courantes, comme cette boîte en or :
  • Les tabatières ovales ont principalement été réalisées dans le style rococo, comme cette boîte en or : 
  • Les tabatières rondes sont inspirées des boîtes à bonbons, comme cette boîte avec miniature :
  • Les tabatières en forme de livre, de coquillage ou d’objet symbolique, comme celle-ci : 



Les motifs et scènes reflètent les goûts de l’époque:

 
  • Les scènes galantes : amours, bergers, fêtes champêtres...
 
  • Les motifs allégoriques de la Justice, la Musiquen ou encore des Arts : 
  • Les portraits royaux ou de personnages célèbres : 

 
  • Les paysages, notamment inspirés de la peinture hollandaise ou italienne

 
  • Les scènes érotiques qu’on nomme «tabatière à secret»


III. Les Tabatières : un Héritage d'Excellence 


Les tabatières en or des XVIIIe et XIXe siècles sont bien plus que de simples objets : ce ont des témoins d’une époque, des chefs-d’œuvre d’orfèvrerie et des investissements patrimoniaux. Que vous soyez collectionneur passionné, amateur d’histoire ou investisseur avisé, ces pièces méritent une place de choix dans votre patrimoine.